Tarifs : Normal : 15€ – Adhérent : 12€ – Réduit : 5€ – (Excepté les 9 oct. 2020 et 5 fév. 2021 – 20€/15€/10€)

Abonnement(adhésion comprise) : 3 concerts : 45€ / 6 concerts : 75€ / saison : 110€

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Le village du péché
Formidable mélodrame résolument féministe et premier film soviétique réalisé par une femme, « Le village du péché » étonne par sa précieuse valeur documentaire à travers de longues scènes de vie rurale aux premiers jours de la guerre. La version intégrale de ce chef-d’œuvre, récemment retrouvée, sera accompagnée en direct d’une musique originale interprétée par :

Pierre BRICE : contrebasse, composition
Jean CLERMONT: clarinette, clarinette basse
Jean-Michel THINOT : claviers

Film : (1h 28min)
De Ivan Pravov, Olga Preobrazhenskaya
Avec Emma Tsesarskaia, Raisa Puzhnaya
Genre Drame
Nationalité soviétique

Synopsis et détails :
1914, au village de Riazan, en Russie. Orpheline, Anna vit avec sa tante Aliona. Un jour, toutes deux croisent Wassily, un riche fermier, et son fils Ivan. Un seul regard suffit aux jeunes gens pour tomber amoureux. Mais la jeune fille fait aussi forte impression sur Wassily. De retour au village, il s’emporte contre sa fille Wassilissa qui fréquente Nicolas, un forgeron qu’il juge trop pauvre. En revanche, il organise une rencontre officielle entre Anna et Ivan et le mariage est célébré peu après. Durant la noce, Wassily serre d’un peu trop près sa nouvelle bru. Houspillé par sa maîtresse, il sort chercher à boire et tombe sur sa fille et Nicolas. Après une discussion violente, celle-ci part s’installer avec son amoureux…

Titre original:
Baby ryazanskie

FRAGMENTS Yves Rousseau Septet

Géraldine Laurent – saxophone alto

Étienne Manchon – claviers

Csaba Palotaï – guitare

Jean-Louis Pommier – trombone

Thomas Savyclarinette basse

Vincent Tortiller batterie

Yves Rousseau – contrebasse, composition

Les Fragments de la mémoire d’Yves Rousseau

Yves Rousseau, dont les projets se suivent sans se ressembler, sinon par leur contenu poétique, présentait samedi soir au Triton un nouveau septet pour une création originale, Fragments.

Ce nouveau projet d’Yves Rousseau, Fragments, tourne autour de sa mémoire musicale. Ce que furent les premiers sons, les premiers groupes. Et comment ils ont été intégrés, filtrés, recomposés. Ce projet, finalement, c’est l’utopie d’une rencontre entre les matériaux bruts de la mémoire, comme des cristaux sonores, et leur distillation ultérieure après intervention du goût, du savoir, de l’expérience. Remontant le cours de sa mémoire, il confronte le Yves Rous- seau sortant de l’oeuf, avide de découvrir ses premiers sons, et celui d’aujourd’hui nourri des expériences sonores les plus diverses. Que reste t’il de nos amours? Cela marche aussi pour nos expériences musicales…

Sur scène, ces différentes couches de la mémoire semblent s’incarner. A droite, la mémoire brute, formée notamment par le rock et l’écoute du groupe Soft machine.

Les claviers avec de fortes effluves des années 70, sont tenus par le juvéniles et fougueux Etienne Manchon et la batterie par le fracassant Vincent Tortiller. A la guitare, un expert en dissonance poétique, Csaba Palotai.

Et à gauche: les cuivres (et le bois, la clarinette basse) , soit une magnifique section l’on retrouve Thomas Savy,

Jean-Louis Pommier, Géraldine Laurent. Au centre, avec un regard attendri sur ces petits jeunes qui fouraillent,Yves

Rousseau, assume tranquillement sa position centrale, un peu schizophrénique, entre son passé et son présent.

Toute la finesse du travail d’Yves Rousseau réside dans la manière dont se jouent les rapports entre les

différents niveaux sonores. Il y a des collisisions mais surtout des réconciliations. Les situations ne sont jamais statiques. Comme dans Winding Pathways, par exemple, la section accoustique domine d’abord, avant d’être contrebalancée puis recouverte par la guitare saturée, les claviers, la batterie, dans une

saisissante montée collective qui culmine lorsque Thomas Savy entre en incandescence avec des aigus déchirants.

Rien de statique, donc, mais des univers sonores qui s’infusent plus qu’ils ne s’affrontent. Cela fait penser à la manière dont se rencontrent des courants atmosphériques, les distorsions râpeuses et les unissons

cuivrés inséparablement unis, s’enroulent comme front froids et fronts chauds. Dans la rencontre ces

masses sonores, une place est toujours ménagée pour les solistes: j’ai mentionné Thomas Savy, je voudrais parler du tromboniste Jean-Louis Pommier, que je ne connaissais pas, et qui s’impose en douceur et en poésie.

Et Géraldine Laurent, bien r: comme toujours quand elle prend la parole, elle carbonise tout, y compris

Et les petits jeunes de la partie rock sont à la hauteur de ces grandes figures, Etienne Manchon montre en plusieurs

occasions qu’il a autant d’imagination que d’énergie. Ce projet a priori improbable de faire

dialoguer les contraires, cette huile et cette eau sur la même palette, est une magnifique réussite.

Texte : Jean-François Mondot, 10 février 2019