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Dates2019-09-10T09:36:17+00:00

Tarifs : Normal : 15€ – Adhérent : 12€ – Réduit : 5€ – (Excepté le 20 déc. 2019 et 30mai 2020 – 20€/15€/10€)

Abonnement(adhésion comprise) : 3 concerts : 45€ / 6 concerts : 75€ / saison : 110€

Détails en page d’accueil

« La complicité entre Machado et Ithursarry est étonnante.

Les deux musiciens jouent comme s’ils se connaissaient depuis très longtemps, et en même temps comme s’ils venaient de se rencontrer la veille. Il y a de la télépathie et de la fraîcheur dans leurs échanges.

Si leur duo fait la part belle au lyrisme, les deux musiciens semblent décidés à ne pas laisser celui-ci se refermer sur eux. Du coup, ils s’évadent. Machado a l’art, insensiblement, de passer du lyrisme à des atmosphères abstraites et oniriques. Ithursarry, à certains moments, prend une note pour l’infléchir jusqu’à la dissonnance.

Un mano a mano amical et intense. »

Jean-François Mondot, Jazz Magazine

IMAGENS

15€/12€/5€

Chloé Cailleton – Voix

Cynthia Abraham – Voix

Léonardo Montana – Piano, compositions

Adriano Ténorio DD – Percussions

Géraldine Laurent –  saxophone alto
Étienne Manchon – claviers
Csaba Palotaï – guitare
Jean-Louis Pommier – trombone
Thomas Savy – clarinette basse
Vincent Tortiller – batterie
Yves Rousseau – contrebasse, composition

Les Fragments de la mémoire d’Yves Rousseau

Ce nouveau projet d’Yves Rousseau, Fragments, tourne autour de sa mémoire musicale. Ce que furent les premiers sons, les premiers groupes. Et comment ils ont été intégrés, filtrés, recomposés. Ce projet, finalement, c’est l’utopie d’une rencontre entre les matériaux bruts de la mémoire, comme des cristaux sonores, et leur distillation ultérieure après intervention du goût, du savoir, de l’expérience. Remontant le cours de sa mémoire, il confronte le Yves Rous- seau sortant de l’oeuf, avide de découvrir ses premiers sons, et celui d’aujourd’hui nourri des expériences sonores les plus diverses. Que reste t’il de nos amours? Cela marche aussi pour nos expériences musicales…

Sur scène, ces différentes couches de la mémoire semblent s’incarner. A droite, la mémoire brute, formée notamment par le rock et l’écoute du groupe Soft machine. Les claviers avec de fortes effluves des années 70, sont tenus par le juvéniles et fougueux Etienne Manchon et la batterie par le fracassant Vincent Tortiller. A la guitare, un expert en dissonance poétique, Csaba Palotai. Et à gauche: les cuivres (et le bois, la clarinette basse) , soit une magnifique section l’on retrouve Thomas Savy, Jean-Louis Pommier, Géraldine Laurent. Au centre, avec un regard attendri sur ces petits jeunes qui fouraillent,Yves Rousseau, assume tranquillement sa position centrale, un peu schizophrénique, entre son passé et son présent.

Toute la finesse du travail d’Yves Rousseau réside dans la manière dont se jouent les rapports entre les différents niveaux sonores. Il y a des collisions mais surtout des réconciliations. Les situations ne sont jamais statiques. Comme dans Winding Pathways, par exemple, la section acoustique domine d’abord, avant d’être contrebalancée puis recouverte par la guitare saturée, les claviers, la batterie, dans une saisissante montée collective qui culmine lorsque Thomas Savy entre en incandescence avec des aigus déchirants. Rien de statique, donc, mais des univers sonores qui s’infusent plus qu’ils ne s’affrontent. Cela fait penser à la manière dont se rencontrent des courants atmosphériques, les distorsions râpeuses et les unissons cuivrés inséparablement unis, s’enroulent comme front froids et fronts chauds. Dans la rencontre ces masses sonores, une place est toujours ménagée pour les solistes: j’ai mentionné Thomas Savy, je voudrais parler du tromboniste Jean-Louis Pommier, que je ne connaissais pas, et qui s’impose en douceur et en poésie. Et Géraldine Laurent, bien r: comme toujours quand elle prend la parole, elle carbonise tout, y compris Et les petits jeunes de la partie rock sont à la hauteur de ces grandes figures, Etienne Manchon montre en plusieurs occasions qu’il a autant d’imagination que d’énergie. Ce projet a priori improbable de faire dialoguer les contraires, cette huile et cette eau sur la même palette, est une magnifique réussite.

Texte : Jean-François Mondot, 10 février 2019